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« Le soin en psychiatrie, c’est aussi une vocation » : Au sein de la MAS Le Chemin d’Éole de Castelnau-Montratier, Mariame Pagès explique sa mission- 2ème partie

Au sein de la MAS, Mariame Pagès explique sa mission :

Ma mission consiste d’abord dans le suivi des parcours de chaque résident, de l’accueil et de l’admission, à l’élaboration de ce projet personnalisé autour de ses besoins, de ses difficultés, mais également dans le guidage de l’équipe sur ce projet. Dans cette mission, il y a d’abord l’individu, puis le collectif. Cette approche est basée sur le projet de la MAS dans laquelle le résident évolue chaque jour en fonction de sa situation et de sa pathologie. Il en découle le projet de chaque résident accueilli. Le socle est celui des valeurs de l’Institut Camille Miret que nous retrouvons dans le projet associatif.

Rencontrez-vous des difficultés à recruter de nouveaux professionnels ?

C’est parfois difficile de trouver de nouveaux salariés, mais ce n’est pas impossible. Nous recrutons de plus en plus de professionnels qui travaillent soit à domicile, soit en maison de retraite, et qui viennent chercher une autre expérience, et plus particulièrement parce qu’ils ont envie d’être dans le soin et l’accompagnement. Et il y a aussi ceux qui découvrent notre secteur d’activité et qui se disent que la charge de travail est différente qu’en maison de retraite.

Personnellement, depuis que je suis rentrée à l’Institut Camille Miret, j’ai évolué dans ma pratique. Je me suis réellement formée au sein de l’ICM. Ici, nous avons un terrain riche en termes d’expériences, des profils différents de résidents, ce qui nous oblige à adapter en permanence notre accompagnement. Quand les personnes partent de chez nous et disent qu’elles viennent de la MAS ou de Castelnau-Montratier, elles sont tout de suite prises au sérieux, parce qu’elles ont un maximum d’expériences, tant au niveau des maladies, des maladies rares notamment, du polyhandicap, que de l’autisme, y compris complexe. Cette diversité d’accueil est un véritable bagage en termes de connaissances du terrain et des pathologies. Ce que j’espère surtout, même si nous sommes encore en activité, c’est que cela continuera avec une autre génération que la nôtre. Cela voudra dire que nous avons réussi dans ce que nous transmettons.

Sur un plan plus personnel, en quoi réside la difficulté de votre métier ?

C’est un secteur qui peut être lourd sur le plan psychologique. Je trouve que c’est plus difficile psychiquement que physiquement. Travailler dans ce milieu n’est pas donné à tout le monde. Mais c’est en même temps très gratifiant. Je sais que tout le monde n’aime pas cette expression, mais je considère que le soin, dès lors qu’il y a de la psychiatrie, est aussi une vocation.

Par exemple, lorsque les résidents perdent leur capacité de communication dite classique, c’est une capacité à apprendre une communication alternative à travers des pictogrammes qui est mise en place. L’équipe travaille également la transition vers l’hébergement et le secteur adulte au travers de l’accueil temporaire ou l’accueil de jour. En effet, ce sont souvent des résidents issus du secteur de l’enfance. Les soignants travaillent alors sur cette transition dans la perspective où ils intègreraient un hébergement à temps complet, c’est-à-dire lorsque la MAS deviendra leur maison, quand la dépendance s’installera et que le maintien à domicile deviendra difficile.

Notre principe, c’est de faire comme à la maison, jusqu’à la fin. Il y a la partie soins et accompagnement, parce que les résidents en ont besoin et qu’ils sont dépendants, mais il y a aussi la participation sociale, le maintien de l’autonomie, qu’on essaie de maintenir jusqu’au bout. Certaines personnes sont particulièrement invalides et on peut avoir l’impression qu’elles interagissent peu ; c’est pour cela qu’on tente d’obtenir une réaction, même un simple sourire. C’est important déjà, un simple sourire pour établir une relation.

Je me souviens d’un Cadre qui m’a dit un jour quelque chose comme ça : « Ces personnes sont dans un état psychiatrique et physique où elles n’ont pas de murs de soutien. Si vous, vous ne tenez pas, alors vous les enfoncerez un peu plus. » Cette idée m’a marquée. Finalement, ici, nous sommes aussi un peu leurs fondations.

Notes sur la maladie de Huntington

Les troubles psychiatriques et comportementaux précèdent souvent les symptômes moteurs. Ces troubles incluent l’anxiété, la dépression et l’apathie, mais des états psychotiques avec des délires (dans 10 % des cas), des hallucinations ou des troubles obsessionnels (plus de 15 % des cas) apparentés à la schizophrénie peuvent en faire partie, selon l’Institut du Cerveau.
Les manifestations cliniques de la maladie de Huntington apparaissent en général entre 30 et 50 ans, mais elle peut s’exprimer à tout âge, dès l’enfance ou à un âge avancé. Dans 10 % des cas, la maladie de Huntington se déclare avant 20 ans.
En France, 18 000 personnes seraient touchées et 6 000 présentent actuellement des symptômes, toujours d’après les chiffres de l’Institut du Cerveau.
La maladie de Huntington évolue en plateau, et son degré d’imprévisibilité rend le patient extrêmement vulnérable lorsque le stade suivant s’installe et que le malade perd soudainement son autonomie.