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Jean-Marie, dix jours de rêve à New York !

Il s’appelle Jean-Marie. Il a 63 ans et vit à la Maison d’Accueil Spécialisée le Hameau des Sources de Leyme. Son rêve ? New York.

Un rêve immense, presque fou, quand on vit en fauteuil roulant et que chaque déplacement demande une organisation particulière.

Pourtant, le samedi 2 mai 2026, très tôt le matin, Jean-Marie est monté dans un avion à Toulouse, direction Paris, puis New York.

Il en est revenu le lundi 11 mai, après dix jours de rêve, avec des souvenirs plein la tête… et dans une boîte, quelques trésors soigneusement conservés : une casquette, une boule à neige, un sweatshirt et quelques dollars.

Lorsque je rencontre Jean-Marie, il me raconte son voyage à sa manière. Pour communiquer, il utilise une tablette qui lui permet de dicter les mots à l’aide de pictogrammes ou de lettres. On appelle ça la Communication Alternative Améliorée (CAA). Mais il n’a pas besoin de mots pour transmettre son enthousiasme : il suffit de regarder ses yeux, son regard est rieur, expressif.

Quand je lui demande ce qu’il a aimé à New York, sa réponse est immédiate : les buildings.

Son monument préféré ? La Statue de la Liberté. Et Jean-Marie est allé la voir. Il a aimé le monde, le bruit, l’agitation, la vie. Il a découvert Broadway et assisté à la comédie musicale Cats. Il a visité le mémorial du 11 Septembre. Et lorsque je lui demande ce qu’il en a pensé, sa réponse est simple : « mieux que dans les films. »

Le voyage a pourtant été éprouvant : le décalage horaire, les longues journées, les déplacements… Jean-Marie a été très fatigué. Mais ça valait le coup. Parce que Jean-Marie avait un rêve. Et qu’il l’a réalisé.

Derrière ces dix jours à New York, il y a des mois de préparation et une formidable mobilisation. Céline, coordinatrice à la MAS a contribué avec d’autres à construire ce projet avec lui. « C’était un pari un peu fou de partir, mais c’était le rêve de sa vie. On avait tous à cœur qu’il réalise son rêve. »

Pour rendre ce voyage possible, il a fallu penser à tout : construire un programme adapté, anticiper les déplacements, organiser le quotidien sur place, prévoir le matériel nécessaire et préparer ce premier voyage en avion. C’est Benoît qui a accompagné Jean-Marie pendant ce voyage. C’est son métier.

Une coque sur mesure a notamment été réalisée pour l’avion afin de garantir sa sécurité et son confort.

Ergothérapeute, kinésithérapeute, médecin, infirmier, orthophoniste, cadre, prestataire spécialisé, professionnels de la MAS… tous se sont mobilisés autour du projet. Chacun a apporté son expertise, chacun a fait sa part pour le même objectif : permettre à Jean-Marie de monter dans cet avion.

Anne A’Campo, directrice de la MAS, résume magnifiquement ce qui s’est joué autour de cette aventure. « Est-ce que partir seul aux États-Unis en fauteuil, avec une tablette de communication, c’est possible ? Est-ce que c’est un rêve impossible ? Pas pour les équipes de la MAS de Leyme. Les professionnels ont fait leur part. Le reste appartenait à Jean-Marie. »

C’est croire que ce qui paraît compliqué n’est pas forcément impossible.

Pour Céline, Jean-Marie a été exceptionnel. « Il nous a tous épatés. Il a été super courageux. Il a une sacrée force de caractère. »

Une force de caractère qui lui a été précieuse tout au long de cette aventure. Car un tel voyage représente aussi un investissement considérable mias Jean-Marie a pu s’offrir dix jours dans la ville dont il rêvait. Sa responsable légale n’a rien lâché pour que le projet puisse voir le jour.

Jean-Marie a accepté de partager son histoire, de nous permettre de vivre un peu de son rêve avec lui. Il sourit, me dit qu’il aimerait bien repartir, qu’il aime les voyages.

  • Bravo à Jean-Marie, pour son courage, sa détermination et cette incroyable aventure.
  • Bravo à Céline, et à tous les professionnels de la MAS de Leyme qui ont permis, chacun à leur niveau, de voir ce rêve devenir réalité.
  • Bravo à Benoît, son accompagnateur.
  • Bravo à sa responsable légale Inès Basseba (Alisé), qui n’a rien lâché.

Cette histoire, c’est bien plus qu’un voyage à New York. C’est l’illustration de ce que « accompagner » veut dire. Ne pas décider à la place de l’autre mais écouter les résidents, entendre leurs désirs, prendre leurs rêves au sérieux et leur donner les moyens de les réaliser.

Jean-Marie nous rappelle une chose essentielle : rien n’est impossible.