L’équipe mobile psychiatrie et précarité à la rencontre des acteurs du territoire

Sensibilisation aux maladies mentales

Dans la salle du conseil municipal de la mairie de Bretenoux, le 17 février dernier, une dizaine de personnes – élus locaux, bénévoles d’associations caritatives et agents des Maisons France Service – étaient réunies autour d’Émilie Valade et Muriel Cazard, infirmières au sein de l’équipe mobile Psychiatrie Précarité, un dispositif départemental du Centre Hospitalier Jean-Pierre Falret / Institut Camille Miret (ICM).

Les deux professionnelles ont présenté leur mission : sensibiliser aux maladies mentales et expliquer comment agir pour soutenir les personnes en souffrance psychique.

Parce que les troubles psychiques comme la dépression touchent 1 personne sur 5 au cours de sa vie, que la précarité aggrave souvent ces situations et qu’il est indispensable de sensibiliser la population à ces problématiques.

L’équipe mobile Psychiatrie Précarité ne fonctionne pas comme un service classique. Elle va à la rencontre des personnes, là où elles vivent, là où elles vont chercher une aide alimentaire aussi parfois.

Nous intervenons auprès de ceux qui n’osent pas pousser la porte d’un hôpital ou d’un CMP, précise Muriel Cazard. Ce sont souvent des personnes en situation de grande précarité, isolées, qui ont perdu confiance en elles et qui peuvent avoir honte de leur situation. 

Leur méthode ?

  • La rencontre : aucun jugement, juste une écoute attentive pour rétablir ou tout simplement construire un lien de confiance
  • Un travail en réseau : Les associations, assistantes sociales, travailleurs sociaux, élus ou agents France Service sont des relais précieux. « Ils peuvent nous alerter quand une personne semble en difficulté, et si la personne est d’accord nous intervenons », souligne Émilie Valade.
  • Une porte d’entrée par le somatique : « Souvent, c’est un petit bobo, une douleur physique qui nous permet d’engager la conversation et d’aborder la souffrance psychique », précise Muriel Cazard.

Notre action, c’est « aller vers ». On ne force ni n’impose rien, on propose notre aide, notre accompagnement, si les personnes le souhaitent, et à leur rythme. 

Les maladies mentales : un défi de santé publique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 10 000 suicides par an en France.
  • 200 000 tentatives de suicide chaque année.
  • 1 personne sur 5 souffrira d’un trouble dépressif au cours de sa vie.

Des troubles variés, que les deux professionnelles ont détaillé aux participants. Des troubles psychiatriques souvent méconnus ou mal compris :

  • Les troubles anxieux
  • La dépression
  • Le trouble bipolaire
  • Les troubles de la personnalité
  • La schizophrénie

Un message fort partagé par Emilie Valade et Muriel Cazard :

Il ne faut jamais banaliser les propos suicidaires, chaque parole de détresse doit être prise au sérieux. 

Une équipe de professionnels répartis sur l’ensemble du département.

Face à une personne en situation de précarité, d’exclusion, ou présentant un trouble psychique, le premier réflexe doit être de contacter un CMP ou les urgences psychiatriques« Dans les CMP nous avons des infirmières spécialisées, formées pour évaluer la situation et orienter vers les dispositifs les plus adaptés aux situations. »

Deux principes fondamentaux :

  1. Ne jamais laisser une personne en difficulté sans soutien : « Même si elle refuse de l’aide dans un premier temps, il faut rester disponible et à l’écoute, conseille Muriel Cazard. Parfois, il faut plusieurs contacts voire plusieurs mois avant qu’elle accepte de se faire aider. »
  2. Accompagner aussi l’entourage : « Les proches sont souvent épuisés, inquiets, et ne savent pas comment réagir. Ils ont aussi besoin de soutien. Ils peuvent trouver de l’aide auprès des équipes de l’ICM. »

L’Institut Camille Miret (ICM) est l’unique acteur de la psychiatrie dans le Lot et gère 14 établissements et intervient dans les domaines sanitaires et médico-sociale.

Les différents dispositifs de soins proposés et les différentes unités ont aussi été présentées aux participants :

  • L’équipe mobile
  • Les services ambulatoires
  • Les unités d’hospitalisation
  • La psychiatrie pour les personnes âgées
  • Le dispositif pro-famille et proche aidant

Un cadre juridique pour protéger les plus vulnérables

Les élus présents ont également été informés des outils juridiques existants :

  • L’hospitalisation sous contrainte
  • Le programme de soins
  • L’obligation et l’injonction de soins

La session a aussi été l’occasion pour les participants d’exprimer leurs préoccupations :

  • « Comment gérer la complexité des cas, notamment dans les écoles ? » : « Les enseignants et les équipes éducatives se sentent souvent démunis face à des élèves en souffrance psychique, explique un élu. Nous avons besoin de formations pour nos agents et de relais. »
  • « Qui peut nous aider pour un accompagnement ponctuel ? » : Le CMP adultes n’a pas vocation à intervenir dans les écoles ou pour la formation des agents mais peuvent orienter vers les bons interlocuteurs