Journée d’accueil des étudiants infirmiers : échanges et pratiques en psychiatrie

L’Institut Camille Miret ouvrait ses portes fin février à 9 étudiantes IDE (infirmières en diplôme d’État) de troisième année pour une journée d’accueil.

Venues des IFSI de Figeac et de Cahors, la journée était l’occasion pour elles d’échanger sur leurs stages dans différents services mais aussi de mieux connaitre notre belle institution.

Le Dr Jessica William, psychiatre chef du Pôle RPS et Présidente de la CME, Emmanuel Scicluna, cadre supérieur de santé, Ophélie Counord, responsable des ressources humaines sanitaire et Laetitia Vermande, infirmière diplômée d’État, EAGP du CMP de Saint-Céré animaient cette journée riche.

Le Dr William a ouvert la journée par une question simple : « Est-ce que ça vous plaît, la psy ? ».

Les réponses des étudiantes ont permis de révéler des motivations variées. Pour certaines, comme Léa, ce stage était un premier choix, inspiré par un intérêt pour la médiation. D’autres, bien qu’orientées vers le somatique, y voyaient une opportunité d’élargir leur vision du soin et de mieux comprendre l’articulation entre le physique et le psychique.

Le Dr William a ensuite abordé des tabous majeurs en psychiatrie comme la sexualité des personnes en situation de handicap, la mort et la nécessité d’en parler pour lever les angoisses et s’ancrer dans la réalité, ou les urgences psychiatriques, car 30% des urgences concernent les patients avec des troubles psychiques, souvent mal pris en charge.

Elle a également abordé trois sujets primordiaux pour elle :

  • L’alliance thérapeutique : « Il ne faut jamais mettre un traitement dans le verre d’un patient sans le lui dire. » Un exemple concret lui permettant d’expliquer que la confiance doit toujours être au cœur du soin.
  • L’affirmation éthique en encourageant les étudiantes à s’affirmer, malgré les difficultés.
  • La collaboration autour du triptyque infirmier/médecin/aide-soignant, chaîne essentielle pour un service équilibré, où la proximité ne rime pas selon elle avec perte de hiérarchie.

Enfin, elle a souhaité partager avec les étudiantes présentes son parcours professionnel. Elle qui se destinait à la gynécologie, a découvert la psychiatrie lors d’un stage à Tours, inspiré par la psychiatrie institutionnelle, où « le patient se soigne par l’institution, et non seulement dans l’institution ».

Emmanuel Scicluna, cadre supérieur de santé a quant à lui enrichi la réflexion en parlant philosophie et ontologie du soin et de l’être.

Il a débuté sa présentation en citant deux psychiatres lotois :

Jean-Pierre Falret pour qui « La maladie est une série d’événements complexes. » et Lucien Bonnafé : « On juge le degré de civilisation d’une société à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants. ». Une réflexion primordiale sur l’ontologie de l’être et la place des plus vulnérables.

Il a ensuite illustré ses propos en parlant d’un ancien patient croisé au début de sa carrière avant de conclure qu’il faut toujours chercher l’indicible, pour comprendre ce qui ne s’exprime pas toujours par des mots.

Ophélie Counord, responsable RH sanitaire a fait une présentation des unités du centre hospitalier, incluant le médico-social.

Elle a détaillé les avantages offerts aux professionnels, comme les bourses d’études — que toutes les structures n’offrent pas —, le principe de mobilité permettant à chacun d’enrichir son expérience tout en partageant la sienne avec d’autres unités, le droit à congés, ou encore la prise en charge de la mutuelle.

Elle a également abordé les parcours de formation, l’accompagnement des nouveaux arrivants, ainsi que les possibilités d’évolution tout au long de leur carrière. Des avantages et accompagnements particulièrement appréciés par les étudiants et les salariés de l’Institution, acteur unique de la psychiatrie dans le département.

Laetitia Vermande a ensuite partagé son parcours d’IDE en psychiatrie

Partageant son parcours de formation à l’IFSI d’Aurillac, puis la découverte de la psychiatrie lors d’un stage en deuxième année et une expérience dans plusieurs services avant de rejoindre l’EAGP (Équipe Ambulatoire de GérontoPsychiatrie) du CMP de Saint-Céré.

Elle a souhaité insister sur quatre points essentiels selon elle :

  • La transmission du savoir par ses pairs
  • La relation humaine : « En psychiatrie, le métier est avant tout une rencontre avec l’autre. »
  • L’accompagnement des personnes vulnérables, riches d’histoire et de vie, qui rend ce métier profondément épanouissant.
  • L’importance de la bienveillance, de la coopération pluridisciplinaire et de la cohésion d’équipe pour offrir des soins de qualité

Une journée qui a permis aux étudiantes de découvrir la psychiatrie sous un angle à la fois professionnel et humain mais également historique en visitant le Musée Marie Denizard, toujours très apprécié des nombreux visiteurs de l’ICM.

Nous postulons que grâce à ces échanges riches et concrets avec des intervenants de l’ICM engagés et passionnés par leur métier, l’Institut Camille Miret aura, non seulement permis de déstigmatiser cette filière encore trop peu connue et convaincu des étudiants que la psychiatrie était un beau choix.