Rencontre avec l’équipe de sociothérapie de l’Institut Camille Miret (deuxième partie)

11.05.2026

Seconde partie de l’entretien

Au sein de l’Institut Camille Miret, la sociothérapie, comme toutes les autres spécialités, ne fonctionne pas en vase clos. Elle repose sur les compétences des professionnels qui composent l’équipe — et elle est, à l’image du soutien apporté au patient, à la croisée de ce qu’apportent tous ceux qui lui viennent en aide.

Suite de l’entretien croisé entre Nathalie Lasbories, éducatrice spécialisée en sociothérapie, et Florine Doucet, enseignante en Activité Physique Adaptée, où nous explorons l’évaluation des prestations et leur impact sur le patient, les spécificités du travail à l’Institut Camille Miret, l’intégration de la dimension psychologique dans le sport adapté, ainsi que les moments gratifiants qui donnent du sens à leur mission.

Comment évaluez-vous vos prestations en termes d’effet sur le patient ? Comment évaluez-vous leur efficacité ?

Florine Doucet

Ce sont surtout les équipes soignantes qui nous donnent ce retour, de l’état de la personne au jour le jour. Par exemple les médecins peuvent nous orienter sur le type de prise en charge et d’activité recommandée pour le patient, comme des séances de gym douce, du yoga avec moi ou plutôt de la marche afghane ou de la randonnée avec Nathalie. Le retour est essentiel pour adapter notre prise en charge. C’est une question de cohérence avec le soin.

 

Nathalie Lasbories

Bien sûr, nous voyons l’évolution du patient. Mais la vraie question, est plutôt celle de l’évaluation de ce que notre activité apporte en termes de bien-être et d’apaisement au final.

Nous avons bien évidemment le retour des équipes, mais, j’évalue aussi avec les patients, soit en fin de séance, soit lors d’une prise en charge, comment ils se sont sentis, ce que cela leur a apporté, comment ils se sentent maintenant, comment ils l’expriment aussi.

 

Florine Doucet

Au niveau des capacités physiques, pour les personnes qui sont là sur un long moment, je fais une évaluation au début et une autre à la fin pour voir s’il y a eu un changement. La participation du patient est aussi une évaluation. C’est un marqueur important.

Si la personne vient à toutes les séances, c’est qu’elle s’est épanouie ou a ressenti des bénéfices au cours de cet accompagnement.

C’est là qu’on voit une volonté de continuer les prises en charge qu’elle a actuellement, voire d’en augmenter, en passant à deux séances par semaine. Les patients n’hésitent pas à le dire et cette expression est un énorme progrès. 

Qu’est-ce que cela change de travailler dans le cadre de l’Institut Camille Miret en comparaison d’autres lieux où vous avez exercé ?

Florine Doucet

Avant, j’étais à Toulouse. Ce sont deux lieux très différents. En ville, on déborde d’activités et d’événements.

Ici, on trouve peut-être moins d’événements, mais plus de sports de plein air. Nous avons aussi la possibilité, via la fédération du sport adapté, d’accéder à l’initiation de sports que l’on ne connaît pas forcément. Et cela c’est appréciable car la découverte de nouvelles pratiques sportives dans ces conditions, est une chance.

Il y a aussi la notion de rencontre inter-établissements, le fait d’être dans un collectif qui permet de travailler plusieurs d’objectifs : la frustration de la défaite, la socialisation, le respect des règles…

Comment intégrez-vous la dimension psychologique et psychiatrique, au sens large du terme, dans le sport adapté ?

Florine Doucet

Je trouve qu’en psychiatrie, tout dépend énormément de l’accompagnement mis en place autour de la personne, à savoir la motiver, rester avec elle et l’encourager. C’est vraiment le cœur du travail.

Malgré les difficultés, trouvez-vous des moments gratifiants ?

Florine Doucet

Oui mon métier a du sens, et plus particulièrement encore lorsque nous allons à l’extérieur, lors de rencontres inter-établissements, quand on inscrit les patients à des challenges de pétanque par exemple.

Ils sont souvent très reconnaissants et me le disent : « Merci de m’avoir fait sortir, merci pour ce moment, c’était top », ou « C’est à refaire. »

Et si au début, certains patients sont un peu réticents à rencontrer des personnes qu’ils ne connaissaient pas, petit à petit, ils se détendent et la rencontre devient un vrai moment de partage.  

Et dans ces moments-là, oui, on peut dire que nous allons vraiment vers l’extérieur.